samedi 23 juillet 2016

Le 23 juillet 2016

Proverbe/citation du jour
“Le souvenir commence avec la cicatrice.”-Alain


10 ans déjà
Ce 23 juillet 2016 marque le dixième anniversaire du décès de ma mère, Agathe Lepage Beaulieu, à l'âge de 59 ans et 11 mois. Il est incroyable à quel point le temps passe vite. J'effectue aujourd'hui un retour en arrière portant sur elle et sur notre famille.

Agathe Lepage Beaulieu (1946-2006)
Ma mère a été frappée par d'une crise cardiaque massive, dans la maison de mes grands-parents, à Causapscal, et ce durant la fin de semaine des célébrations de Fort Causap. J'ai procédé à des manœuvres de réanimation, en étant assisté d'une tante (qui est aussi la sœur de ma mère) durant une bonne vingtaine de minutes, jusqu'à l'arrivée d'une ambulance, mais je savais qu'il était déjà trop tard. Elle était déjà morte à 4h30 bien avant l'arrivée des services d'urgence, mais j'ai persisté, probablement parce que je voulais quand même aller jusqu'au bout de ce que je pouvais donner pour elle.

Ce qui me révolte le plus dans sa disparition est que je commençais à peine à lui rendre tout ce qu'elle a fait pour moi et les miens au cours de sa vie. J'avais déjà commencé à lui payer quelques cadeaux (comme par exemple un coffret de la série « Le Parrain » et un lecteur DVD, en plus de plusieurs films classiques qu'elle aimait, comme « La tour infernale »), et je projetais de lui payer un voyage sur la Côte-Nord, pour lui faire visiter divers endroits où j'ai travaillé, à l'époque de son décès. Sa mort soudaine ne m'a pas permis de le faire comme je souhaitais.

Ma mère a complété une formation en secrétariat et en bibliothéconomie au début des années 1960. Elle était aussi avant-gardiste, ayant également suivi une formation en informatique au « Control Data Institute » à Québec, au milieu de la décennie. Elle était qualifiée à titre d'opératrice de « Keypunch », ces cartes perforées utilisées alors sur les ordinateurs.

Ma mère et Peggy-Lou (décembre 2002)
Elle a cessé le travail en se mariant avec mon père, en juin 1968 et n'a recommencé qu'au moment où ma sœur et moi étions suffisamment vieux pour prendre soin de nous-mêmes au retour de l'école. J'étais alors en sixième année du primaire, en 1982-1983. Son but était alors de gagner de l'argent supplémentaire pour payer mes études et celles de ma sœur. J'ai habité en appartement à Québec de 1988 à 1993, ma sœur venant me rejoindre en 1992-1993.

C'est ma mère qui s'occupait du paiement du loyer et du téléphone, mon père payant de son côté nos frais de scolarité. J'ai vécu durant toute cette période avec un montant de $150.00 qui était déposé dans mon compte deux fois par mois, une somme qui était consacré à ma bouffe, ma passe pour l'autobus et mes petites dépenses. Ma mère prenait financièrement le relais quand l'argent que j'avais gagné durant la période estivale était épuisé, ce qui se produisait habituellement en octobre.

Mon argent gagné durant l'été disparaissait en général assez vite, comme par exemple, en 1990, quand je me suis acheté un appareil de traitement de texte Smith Corona (un modèle hybride dactylo-traitement de texte) qui m'a coûté $750.00, ce qui était déjà bien moins cher qu'un ordinateur, qui pouvait coûter dans les $2000.00 à cette époque. En septembre 1992, j'ai payé moi-même mes frais de scolarité pour six cours et je me souviens que la somme jouait dans les environs de $1125.00. Ajoutez à cela environ $200.00 en livres et ça déboule vite. C'est à la mi-octobre que j'ai appelé à la maison pour dire qu'il ne me restait plus une maudite cenne. Je me souviens que ma mère m'a alors dit « Pas grave P.A., t'as fait ton effort et c'est correct comme ça. »

Je ne travaillais pas durant l'année scolaire lorsque j'étais à Québec. Je souhaitais néanmoins réduire la pression économique que j'exerçais sur elle, en lien avec ce que coûtait mes études. Ma maîtrise de l'anglais (j'étais loin d'être parfait mais déjà bien meilleur que la plupart des gens de Sainte-Anne-des-Monts) m'a permis de trouver un emploi au Parc de la Gaspésie, à titre de commis au camping, de 1990 à 1993. J'ai même été rappelé par la direction en 1994, alors que je n'étais plus étudiant, parce qu'on y manquait de personnel. Un travail supplémentaire s'est ajouté à partir de décembre 1991, quand j'ai fait mes débuts comme animateur surnuméraire à la radio locale.

Ma mère était aussi une militante libérale de longue date. Elle s'est impliquée plus à fond lors du retour en politique de Robert Bourassa dans la première moitié de la décennie des années 1980, devenant même secrétaire à l'exécutif du PLQ.

Contrairement à ce que tellement de langues sales disent, il n'y a peut-être pas autant d'enveloppes brunes qui circulent au PLQ que vous ne pourriez le croire. Je lance le défi à quiconque de prouver qu'Agathe Lepage Beaulieu ou n'importe lequel autre membre de notre famille a reçu de l'argent ou bien obtenu un emploi au gouvernement via une « plug » en lien avec son implication politique. Dites-vous au contraire que son implication politique a coûté bien plus cher en coûts directs et indirects (en étant notamment ignorée pour des emplois par des cadres d'allégeance péquiste) qu'autre chose.

Ma mère disait que l'indépendance n'a pas de prix et qu'elle ne se laisserait pas acheter par qui que ce soit (des gens ont tenté de le faire au niveau politique dans son cas.)  Je compte bien continuer à utiliser sa "recette", croyez-moi.

J'ai chez moi quelques vieilles archives familiales, entre autres, des bobines contenant des enregistrements réalisés par mon grand-père à la fin des années 1950 et au début des années 1960. Parmi celles-ci, il y a un enregistrement de la messe de minuit de Noël 1962, où ma mère jouait de l'orgue. J'ai chez moi un appareil qui peut lire ces bobines. Il en vaudrait la peine d'en convertir le contenu en mp3.

Je vous confie ici ce qui a été jusqu'à maintenant un secret : lorsque je fais face à une situation difficile, je garde sur ma personne une photo de ma mère. Ç'a été le cas lors de la séance d'arbitrage d'août 2012 contre mon ancien employeur, CJMC, et pas plus tard qu'hier, lorsque j'ai passé mon test pour obtenir mon permis de moto 6A à Gaspé.

Je ne crois pas aux anges, ni aux porte-bonheur, et je ne crois pas non plus que notre âme subsiste suite à notre mort. Je crois plutôt que le souvenir des gens qui nous ont précédés est une excellente source de motivation pour nous aider à trouver l'énergie nécessaire pour réussir un projet.

En guise de conclusion, je me permets de répéter ici ce que j'ai déjà mentionné à quelques reprises, concernant des personnes chères disparues : il ne faut pas consacrer nos vies à les honorer, au contraire, c'est en vivant au meilleur de nos capacités que nous leur rendons hommage. C'est à travers nos actions que ces personnes subsistent, tout comme elles subsistent à travers l'ADN que nous communiquons aux générations à venir.

Vous pourrez trouver d'autres détails sur notre famille via Find A Grave, de même qu'ici et .

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