dimanche 16 décembre 2012

Sujet du 16 décembre 2012

Proverbe/citation du jour
"S'il fallait résumer l'état mental contemporain par un mot, c'est sans doute celui que je choisirais : l'amertume." -Michel Houellebecq (1958–...)


Des pilules plus dangereuses que les armes à feu
En cette matinée de dimanche, je n'ai pas l'intention de tomber dans les détails de l'horrible tuerie qui a eu lieu dans une école du Connecticut vendredi matin, ni même de me lancer dans un débat sur le contrôle des armes à feu, sinon pour souligner qu'une fois encore, les politiciens et les groupes de pression vont user de ce drame pour imposer davantage de restrictions aux propriétaires d'armes à feu sous le couvert officiel d'une société plus sûre, alors que ces mêmes élus se frottent les mains un fois derrière les rideaux sachant que des législations du genre sont bonnes pour gagner du capital politique et des votes.

Chaque fois qu'un drame du genre se produit, la première question que je me pose est : «Quel genre de médication prenait le tueur? Quels étaient ses problèmes mentaux et ses antécédents médicaux? »

Un simple coup d'oeil aux photos des tueurs qu'on nous présente dans les médias nous permet à coup sûr de constater que quelque chose ne tourne pas rond entre leurs oreilles.

Si on prend un peu de temps pour approfondir notre recherche, on découvre ensuite rapidement qu'ils prenaient tous ou presque des médicaments pour traiter un trouble mental, que ce soit un ou des antidépresseurs, des calmants, du Ritalin, etc.

Si on creuse encore, on découvre aussi que plusieurs de ces tueurs proviennent de familles dysfonctionnelles, que plusieurs ont subi de l'intimidation en milieu scolaire...

Donc, il est clair dans la plupart des cas que les tueurs en masse comme Adam Lanza étaient des bombes à retardement et qu'on aurait pu prévoir parfois longtemps à l'avance qu'ils représentaient un danger potentiel pour la société, tout comme Marc Lépine ou Denis Lortie ici au Québec.

Je n'ai aucune statistique à vous proposer à ce sujet mais je ne pense pas lancer une affirmation gratuite en l'air en supposant que s'il y a 10 000 morts par années provoquées par les armes à feu au pays de l'Oncle SAM, les morts provoquées par des maladies mentales et des doses inappropriées de médicaments doivent atteindre un nombre nettement plus élevé, mais cela, on ne nous le mentionnera jamais et le lobby pharmaceutique fera tout pour qu'on garde le couvert sur la marmite bouillonnante!

Des armes à feu, il y en a en circulation depuis des centaines d'années maintenant. Avez-vous en mémoire ne serait-ce qu'un seul événement comme la tuerie de Newton qui se serait produit avant les années 1960? À cette époque, l'usage de médicaments n'était pas aussi répandu qu'aujourd'hui, tout comme le nombre de cellules familiales éclatées. Tout cela pour dire qu'une multitude de facteurs jouent dans des drames comme celui de vendredi, mais on ne met l'accent que sur l'usage d'armes à feu lors de ces tueries.

Les gens qui dénoncent la NRA et le lobby des compagnie d'armes à feu devraient aussi dénoncer le lobby des médicaments qui poussent les gens à consommer de plus en plus de petites pilules du « bonheur ». Ces mêmes gens devraient aussi faire pression pour que nos sociétés fassent plus de dépistage et de prévention en lien avec les maladies mentales.

Propriétaire d'armes à feu que je suis, je serais heureux à l'idée que mes proches prennent des mesures pour que je n'aie plus accès à mes armes si jamais mon état mental devenait anormal. Également, s'ils y avait dans ma maisonnée une personne potentiellement dangereuse, je doublerais les mesures de sécurité pour limiter davantage l'accès à mes fusils de chasse par exemple. Je le souligne un fois de plus, bien que je sois totalement contre le registre canadien des armes d'épaule, je suis à 100% pour une législation stricte en lien avec l'entreposage. Ce point spécifique de la loi est essentiel à mon avis, pas les autres.

Les 27 morts de Newton ne sont que le bout visible d'un énorme iceberg. Combien de centaines de personnes meurent chaque année dans des drames familiaux provoqués par des personnes souffrant de maladies mentales sans qu'on en fasse une première page? Combien de personnes malades se suicident sous l'effet d'antidépresseurs ou meurent accidentellement à cause d'un mauvais dosage?

Notez aussi que les personnes commettant ces crimes n'ont pas toujours un Glock à portée de la main, mais la panoplie de moyens est là : couteaux de cuisine, fourchettes, bâtons de baseball, barres de fer, voire même leurs mains nues, un bidon d'essence et une allumette, et même un bain où une mère dépressive peut noyer son enfant!!!

Je demeure fermement convaincu qu'en axant davantage sur la prévention en nous assurant un meilleur suivi des personnes souffrant de problèmes mentaux, tout en étant plus prudents lorsqu'on doit déterminer si une personne a besoin de consommer des médicaments comme des antidépresseurs, le danger d'événements tragiques du genre en serait nettement réduit.

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